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Google Ads impose la déclaration des contenus IA : ce que ça change pour les annonceurs marocains

16 septembre 2026 9 min de lecture
Google Ads impose la déclaration des contenus IA : ce que ça change pour les annonceurs marocains

Par Mhamed Bouamar, Fondateur de KamaWeb — Publié le 14 juillet 2026 — Temps de lecture : 9 minutes

En résumé

Depuis le 9 juillet 2026, Google Ads impose une nouvelle obligation de déclaration des contenus générés par IA — visuels, textes et vidéos — sur Search, YouTube et Discover. Le fonctionnement repose sur deux niveaux : une labellisation automatique pour les créations issues des outils IA de Google, et une déclaration manuelle (case « AI-generated or edited asset ») pour les contenus produits avec des outils tiers comme Midjourney, DALL-E ou ChatGPT. Un panneau « How this ad was made » apparaît dans My Ad Center. Au Maroc, aucun label visible ne s’affiche encore sur les annonces (contrairement à l’EU, l’Inde et New York), et il n’existe pas d’obligation marocaine spécifique à ce jour. Mais la responsabilité de déclarer incombe à l’annonceur, et toute campagne touchant l’Europe tombe sous l’EU AI Act (article 50, applicable le 2 août 2026). Ne pas déclarer expose à la désapprobation de l’annonce, à la suspension de compte et, pour l’Europe, à de lourdes sanctions réglementaires.

Vous faites tourner des campagnes Google Ads avec des visuels produits par IA ? Générer une bannière ou réécrire une accroche en quelques secondes est devenu la norme dans les services marketing marocains — mais au Maroc, rien ne s’affiche encore à l’écran. Une discrétion trompeuse : l’obligation existe, la responsabilité vous incombe. Voici ce qui a changé et comment sécuriser vos campagnes.

Qu’est-ce que change Google Ads depuis le 9 juillet 2026 ?

Le 9 juillet 2026, Google a déployé une nouvelle obligation de transparence sur l’usage de l’IA dans les annonces, à commencer par les annonceurs e-commerce, sur Google Search, YouTube et Google Discover. L’idée : permettre à l’internaute — et aux régulateurs — de savoir quand une publicité a été créée ou retouchée avec de l’IA générative.

Pour l’annonceur, c’est un nouveau réglage à connaître et une habitude à prendre : rien de technique, mais un point de conformité de plus dans votre routine de campagne.

Le panneau « How this ad was made » dans My Ad Center

Google a ajouté un panneau intitulé « How this ad was made » dans My Ad Center, accessible depuis le menu à trois points ou l’icône d’information affichée sur une annonce, sur Search, YouTube ou Discover.

Ce panneau centralise l’information de transparence : la mention indiquant qu’un contenu a été généré ou édité par IA, même quand aucun label n’apparaît sur la créa — c’est le cas au Maroc aujourd’hui. L’information reste accessible en arrière-plan pour qui va la chercher.

Deux niveaux de déclaration : automatique vs manuelle

Le mécanisme repose sur un système à deux étages :

  1. La labellisation automatique. Créé avec les outils IA intégrés à Google Ads, votre visuel ou texte est déclaré automatiquement, sans action de votre part.
  2. La déclaration manuelle. Créé avec un outil tiers — générateur d’images, assistant de rédaction, logiciel de montage vidéo IA — c’est à vous de cocher la case « AI-generated or edited asset ». Google ne le fera pas pour vous.

Beaucoup d’annonceurs pensent, à tort, que « si je n’utilise pas l’IA de Google, je n’ai rien à déclarer ». C’est l’inverse : c’est précisément avec un outil externe que la déclaration devient un geste manuel — donc facilement oublié.

Quels contenus publicitaires sont concernés ?

La règle couvre tout asset publicitaire créé ou modifié par IA générative, quel que soit le format.

Visuels et images générés ou édités par IA

Les cas les plus fréquents : bannières, visuels de produits, images créatives générés ou retouchés avec un outil d’IA. Attention au mot « édité » : une vraie photo produit, améliorée, détourée ou modifiée avec une fonction IA (Photoshop génératif, Adobe Firefly) entre aussi dans le périmètre.

Textes publicitaires (copy) générés par IA

Les accroches, titres et descriptions rédigés avec un assistant IA sont concernés. Demandez à ChatGPT, Claude ou Gemini cinq variantes de votre annonce Search, et ce copy devient un contenu généré par IA au sens de la règle.

Vidéos créées ou modifiées par IA

Pour vos campagnes YouTube, les vidéos créées ou retouchées par IA — via Synthesia, Wave ou Runway — sont également visées. Le sujet est sensible : c’est le format où l’IA soulève le plus de questions d’authenticité (avatars, voix de synthèse, deepfakes).

Les traceurs invisibles : métadonnées IPTC et SynthID

Toutes les images générées par les outils de Google Ads embarquent des marqueurs de traçabilité :

  • des métadonnées IPTC (standard ouvert), détectables notamment dans Google Images ;
  • SynthID, un filigrane numérique intégré au niveau du pixel, quasi invisible mais lisible par les systèmes de Google.

Sur ses propres outils, Google sait. Le « système d’honneur » ne concerne que les outils tiers — miser sur le fait que « personne ne verra » est une stratégie doublement mauvaise, techniquement fragile et juridiquement risquée.

Le Maroc est-il concerné ? Ce que dit (et ne dit pas) la réglementation

La réponse est nuancée — et mérite d’être bien comprise.

Pas de label visible au Maroc, mais une obligation de fond

Google a choisi un déploiement à deux vitesses. Dans l’Union européenne, en Inde et à New York, les annonces avec du contenu IA reçoivent un label visible directement sur l’annonce. Ailleurs, dont le Maroc, la déclaration existe mais reste accessible uniquement via My Ad Center, sans overlay sur la créa.

Ne confondez pas absence de label visible et absence d’obligation : la responsabilité de déclarer l’usage de l’IA reste posée sur les épaules de l’annonceur, quelle que soit la région. Le label affiché ou non n’est qu’une conséquence en aval.

Cadre légal marocain actuel (Loi 09-08, CNDP) et ses limites

À la date du 14 juillet 2026, le Maroc ne dispose pas d’une loi dédiée à l’intelligence artificielle. Le cadre applicable repose sur des textes existants : la Loi 09-08 relative à la protection des données personnelles, la Loi 53-05 sur les échanges électroniques, et diverses régulations sectorielles.

Concrètement, tout traitement de données personnelles au sein de vos outils IA doit respecter les principes marocains de licéité, de limitation des finalités et de proportionnalité. La CNDP (Commission Nationale de contrôle de la protection des Données à caractère Personnel) prépare par ailleurs une décision sur l’IA et les données personnelles — non encore publiée, mais à suivre de près.

Autrement dit : pas d’obligation marocaine spécifique au label IA dans Google Ads aujourd’hui, mais un environnement qui bouge.

Pourquoi les campagnes visant l’Europe changent la donne (EU AI Act, 2 août 2026)

Beaucoup d’entreprises marocaines sont concernées sans le savoir : nombre de PME et agences du Royaume travaillent avec une clientèle française ou européenne, ou vendent vers l’Europe.

Or, l’article 50 de l’EU AI Act — transparence et marquage des contenus de synthèse — devient applicable le 2 août 2026. Dès qu’une campagne vise l’Europe, le droit européen s’applique, quel que soit le siège de votre entreprise. Entre le déploiement Google du 9 juillet et cette échéance, il ne reste qu’une poignée de semaines pour auditer, documenter et former vos équipes.

Qui est responsable, et que risque-t-on en cas de non-déclaration ?

Le système d’honneur de Google : ce que ça implique vraiment

Google est explicite : « les annonceurs sont responsables de déterminer quand l’usage de l’IA nécessite une déclaration » et de s’assurer que leurs campagnes respectent les lois locales. Pour les outils tiers, le dispositif fonctionne sur un système d’honneur : Google ne vérifie pas systématiquement si la case cochée est appropriée.

Ce n’est pas un permis de négligence, c’est une délégation de responsabilité : la charge de la preuve repose sur vous, pas sur la plateforme. Google le précise d’ailleurs : « use of the AI label setting doesn’t guarantee your compliance with specific regulations » — cocher la case ne garantit pas votre conformité légale, elle documente seulement votre démarche.

Sanctions possibles côté Google (désapprobation, suspension de compte)

Côté plateforme, les risques identifiés sont :

  • la désapprobation immédiate de l’annonce (elle cesse de diffuser) ;
  • la suspension potentielle du compte Google Ads ;
  • le rattachement à la politique existante sur la publicité trompeuse.

Point d’honnêteté : Google n’a pas publié de barème d’amendes propre au label IA — méfiez-vous des articles qui avancent un montant précis, il n’existe pas de chiffre officiel. Le risque se mesure en diffusion coupée et compte suspendu, déjà lourd pour une PME dont les leads dépendent des ads.

Sanctions réglementaires (EU AI Act, FTC) pour les campagnes concernées

Là où les montants deviennent sérieux, c’est côté régulateurs :

  • EU AI Act : les manquements à l’article 50 peuvent exposer à des sanctions de l’ordre de 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu.
  • FTC (États-Unis) : des pénalités pouvant atteindre 53 088 dollars par violation en 2026, chaque contenu non conforme comptant comme une violation distincte.

Ces montants ne s’appliquent qu’aux campagnes touchant ces juridictions, mais pour qui adresse l’Europe, l’ordre de grandeur remet la question à sa juste place : ce n’est pas un détail administratif, c’est un point de gestion du risque.

Check-list de conformité pour un annonceur marocain

La démarche que nous recommandons, applicable dès aujourd’hui.

Auditer sa stack créative IA (outils, assets, dates)

Cartographiez tous les outils IA utilisés dans votre production : générateurs d’images (DALL-E, Midjourney, Stable Diffusion), outils vidéo (Synthesia, Wave, Runway), assistants de rédaction (ChatGPT, Claude, Gemini), éditeurs assistés (Adobe Firefly). Pour chaque asset, notez l’outil, la date et l’auteur — cette traçabilité est la base de tout, sans elle impossible de déclarer correctement.

Cocher le label pour chaque asset créé/édité par IA tierce

Pour chaque visuel, texte ou vidéo issu d’un outil tiers, cochez la case « AI-generated or edited asset » dans Google Ads. Faites-en un réflexe systématique à l’upload de la créa, au même titre que la vérification des dimensions. Pour les outils Google, c’est automatique ; pour tout le reste, c’est votre geste.

Documenter même sans obligation Maroc-spécifique

Même sans règle marocaine contraignante, tenez un registre : un simple tableau partagé (asset, outil, date, campagne, case cochée oui/non) suffit. Il vous protège si un client européen le demande, si la CNDP publie ses directives, ou en cas de contrôle sur une campagne internationale. Documenter aujourd’hui coûte peu ; reconstituer après un litige coûte cher.

Comment KamaWeb intègre cette déclaration IA dans les campagnes qu’elle gère

Chez KamaWeb, nous utilisons l’IA générative dans nos productions créatives — un accélérateur créatif. Mais nous considérons la transparence comme partie intégrante du métier d’annonceur, pas comme une contrainte externe.

Pour les campagnes que nous pilotons pour nos clients marocains, nous appliquons une check-list de conformité IA à chaque livraison : recensement des outils, marquage systématique des assets dans Google Ads, et tenue d’un registre de production. Pour les clients qui adressent l’Europe, nous alignons la démarche sur les exigences de l’EU AI Act, en anticipation du 2 août 2026 — la responsabilité ne dépend pas de la région, label visible ou non.

C’est aussi une question de confiance business : un annonceur qui documente et déclare proprement ses contenus IA se protège, et protège la relation avec son audience et ses partenaires.

FAQ

Dois-je déclarer l’IA si je crée une annonce directement avec les outils Google Ads Generate ?

Oui, mais vous n’avez rien à faire manuellement : la déclaration est automatique. Google connaît les contenus produits par ses propres outils et les documente dans le panneau « How this ad was made ». Vérifiez tout de même que l’information apparaît bien comme attendu.

Et si j’utilise DALL-E, Midjourney ou ChatGPT pour produire mes visuels et textes publicitaires ?

Oui, et c’est là que vous devez agir vous-même. Pour tout contenu créé ou édité avec un outil tiers, vous devez cocher manuellement la case « AI-generated or edited asset » dans Google Ads. C’est une obligation de déclaration qui repose entièrement sur vous.

Le Maroc m’oblige-t-il légalement à déclarer l’usage de l’IA dans mes annonces ?

Non, pas d’obligation marocaine spécifique au label IA à la date de juillet 2026. Le cadre applicable reste celui de la protection des données (Loi 09-08, CNDP). En revanche, Google impose le label pour les campagnes ciblant l’EU, l’Inde et New York, et la CNDP prépare des directives sur l’IA. Le sujet est en évolution : mieux vaut anticiper.

Que risque une entreprise marocaine qui ne déclare pas un contenu IA alors qu’elle cible l’Europe ?

Elle s’expose à la fois aux sanctions Google (désapprobation de l’annonce, suspension de compte) et aux sanctions de l’EU AI Act, qui peuvent atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Dès qu’une campagne vise l’Europe, le droit européen s’applique, quel que soit le pays de l’annonceur.

Google vérifie-t-il réellement si j’ai utilisé de l’IA ?

Pour les outils tiers, non : c’est un système d’honneur, sans vérification automatique. En revanche, pour ses propres outils, Google intègre des marqueurs de traçabilité (métadonnées IPTC et filigrane SynthID) qui lui permettent de détecter l’origine IA. Ne pas déclarer reste un risque légal et éthique.

Comment documenter concrètement l’usage de l’IA dans ma production créative publicitaire ?

Réalisez un audit de votre stack créative : listez chaque outil IA utilisé (générateurs, éditeurs, assistants), puis tenez un registre par asset (nom de l’outil, date de création ou de modification, campagne concernée, case cochée ou non). Conservez les versions et les dates. Ce registre est votre meilleure protection en cas de contrôle ou de demande d’un client européen.

Vous gérez des campagnes Google Ads avec des créas IA ? Parlons conformité avec KamaWeb

Chez KamaWeb, nous pilotons des campagnes de publicité en ligne et de lead-gen en intégrant la déclaration des contenus IA à notre process, du premier visuel jusqu’au reporting. Notre équipe basée à Casablanca a déjà géré plus de 700 campagnes publicitaires.

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Questions Fréquentes

Dois-je déclarer l'IA si je crée une annonce directement avec les outils Google Ads Generate ?
Oui, mais vous n'avez rien à faire manuellement : la déclaration est automatique. Google connaît les contenus produits par ses propres outils et les documente dans le panneau « How this ad was made ». Vérifiez tout de même que l'information apparaît bien comme attendu.
Et si j'utilise DALL-E, Midjourney ou ChatGPT pour produire mes visuels et textes publicitaires ?
Oui, et c'est là que vous devez agir vous-même. Pour tout contenu créé ou édité avec un outil tiers, vous devez cocher manuellement la case « AI-generated or edited asset » dans Google Ads. C'est une obligation de déclaration qui repose entièrement sur vous.
Le Maroc m'oblige-t-il légalement à déclarer l'usage de l'IA dans mes annonces ?
Non, pas d'obligation marocaine spécifique au label IA à la date de juillet 2026. Le cadre applicable reste celui de la protection des données (Loi 09-08, CNDP). En revanche, Google impose le label pour les campagnes ciblant l'EU, l'Inde et New York, et la CNDP prépare des directives sur l'IA. Le sujet est en évolution : mieux vaut anticiper.
Que risque une entreprise marocaine qui ne déclare pas un contenu IA alors qu'elle cible l'Europe ?
Elle s'expose à la fois aux sanctions Google (désapprobation de l'annonce, suspension de compte) et aux sanctions de l'EU AI Act, qui peuvent atteindre 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Dès qu'une campagne vise l'Europe, le droit européen s'applique, quel que soit le pays de l'annonceur.
Google vérifie-t-il réellement si j'ai utilisé de l'IA ?
Pour les outils tiers, non : c'est un système d'honneur, sans vérification automatique. En revanche, pour ses propres outils, Google intègre des marqueurs de traçabilité (métadonnées IPTC et filigrane SynthID) qui lui permettent de détecter l'origine IA. Ne pas déclarer reste un risque légal et éthique.
Comment documenter concrètement l'usage de l'IA dans ma production créative publicitaire ?
Réalisez un audit de votre stack créative : listez chaque outil IA utilisé (générateurs, éditeurs, assistants), puis tenez un registre par asset (nom de l'outil, date de création ou de modification, campagne concernée, case cochée ou non). Conservez les versions et les dates. Ce registre est votre meilleure protection en cas de contrôle ou de demande d'un client européen.